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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /2010 13:46
Le dimanche 31 janvier, à 15 h, j'animerais une conférence sur les aventuriers bretons, au musée Albert Kahn, à Boulogne-Billancourt qui expose actuellement une série d'autochromes du début du XXe siècle sur la Bretagne.

A travers l'itinéraire de personnages hauts en couleur, comme Guillaume Le Jean ou Odette de Puygaudeau, j'évoquerais donc ce besoin si fréquent des Bretons de parcourir le monde. Avec une pensée pour Bernard Le Nail, récemment disparu, qui était l'un des grands spécialistes de la question.

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Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /2010 11:50

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À partir du Moyen Âge, la Bretagne se couvre de maisons nobles, les manoirs. Moins fortifiées que les châteaux, ces solides bâtisses sont aussi le centre de domaines agricoles plus ou moins importants. Aujourd'hui encore, le manoir demeure l'un des éléments les plus représentatifs de l'architecture bretonne.

La tradition de demeures aristocratiques de taille moyenne, à vocation agricole, remonte à l'Antiquité. Durant la période gauloise, de petites forteresses sont ainsi édifiées dans toute la péninsule armoricaine, comme celles de Laniscat (22) ou Inguiniel (56). Plus tard, après la conquête romaine, une partie de l'aristocratie gallo-romaine possède de vastes domaines agricoles, qui comportent des parties résidentielles, occupées occasionnellement par des propriétaires demeurant également dans les nouvelles villes romaines et des parties agricoles, qui fournissent des revenus importants. Au haut Moyen Âge, les petits nobles bretons semblent occuper des domaines plus ou moins fortifiés, ayant également une vocation agricole prononcée.

 

Une fonction ostentatoire

Aux XIIe et XIIIe siècles, la Bretagne entretient des liens économiques et culturels avec la Normandie et l'Angleterre. C'est sans doute de ces régions que ce sont diffusés les premiers modèles architecturaux de manoirs. Il s'agit alors de demeures occupées par des petits nobles, faiblement ou peu fortifiées et au cœur d'un domaine agricole. Le terme de manoir vient du latin manere, « demeurer » ou « rester ». Ces premiers manoirs sont en général des constructions de bois et de terre, qui ont aujourd'hui disparu, victimes de conflits ou de reconstructions ultérieures. Certains manoirs bretons conservent cependant un plan archaïque, proche des halls britanniques. Il s'agit d'un long bâtiment sous charpente. La grande salle occupe tout l'espace entre le sol et le toit, comme le manoir de Bolant, à Bréal-sur-Monfort. Il s'agit de salles d'apparat qui illustrent bien la fonction ostentatoire des manoirs.

Car le manoir est à la fois un lieu de vie, de travail et de pouvoir. Il est la résidence d'une famille aristocratique. Avant de désigner une habitation, le manoir était d'ailleurs synonyme de terre noble. Il abrite aussi la domesticité. Les ouvriers agricoles et, parfois, le métayer chargé de diriger le domaine. Les gens du propriétaire sont en général logés dans les dépendances du manoir, ou dans des bâtiments extérieurs, notamment dans les « métairies ».

 

Moulins, colombiers, chapelles…

Le manoir se distingue de la ferme par l'ampleur des bâtiments, par la concentration de terres environnantes. Certains manoirs bretons comportent également des éléments défensifs : douves, échauguettes, murs d'enceinte… Plus que de pouvoir résister à un long siège, il s'agit surtout de dissuader des maraudeurs. Ces éléments défensifs sont parfois de nature ostentatoire. Il s'agit de rappeler la fonction militaire de la noblesse.

Les propriétaires de manoirs affirment leur statut grâce à un certain nombre de constructions symboliques, qui étaient autant de sources de revenus. On y trouve ainsi fréquemment associés des moulins, des pêcheries, des viviers, des fours. Pas de manoirs bretons non plus sans colombiers. La possession de manoir impliquait souvent un certain nombre de droits ancestraux, comme les droits de justice et les titres de fondateurs et de bienfaiteurs dans les chapelles environnantes ou dans l'église paroissiale.

 

Une architecture bretonne

L’un des particularités du manoir breton réside dans son extraordinaire concentration dans la péninsule. Les spécialistes en recensent plus de douze mille, avec parfois entre quarante et soixante manoirs par communes. La noblesse bretonne du Moyen Âge et de l’ancien régime était en effet très nombreuse, bien plus que dans le royaume de France. Parfois, seul la possession d’un modeste manoir permettait d’ailleurs d’en distinguer les membres du reste du peuple. Le nombre des manoirs bretons et la richesse de leur architecture illustrent aussi la prospérité de la péninsule qui, contrairement à certaines idées reçues, se trouvait alors au cœur des grands axes commerciaux de l’époque.

Outre les matériaux employés (granit, ardoises) qui leur confèrent une allure spécifique, les manoirs bretons possèdent certains éléments particuliers. On trouve ainsi fréquemment des logis-portes, apparentés aux gate-houses britanniques. Il s’agit d’un bâtiment construit au dessus d’une porte et qu’il défend. Sur nombre de manoirs bretons, on peut également observer les traces de supports de galeries extérieures. Mais la plupart d’entre elles ont aujourd’hui disparu, à l’exception du manoir de Launay-Bazoin, à Sainte-Anne de Vilaine. Enfin, les escaliers monumentaux font également partie de nombre de manoirs. On les trouve parfois sur des tours qui ornent les façades et rajoutent de la majesté à l’édifice.

À la fin du Moyen Âge, les ducs de Bretagne et leur entourage font également construire des manoirs. Le duc Jean V finit ainsi sa vie au manoir de la Touche, l’actuel musée Dobrée, à quelques kilomètres de la ville close de Nantes. D’autres familiers des duc font construire d’élégantes demeures comme le Hac, près de Dinan, ou le Bois-d’Orcan, à proximité de Rennes.

 

Un élément de l'identité bretonne

La majesté de certains manoirs bretons va fortement influencer l’architecture régionale. Certains prêtres se font ainsi construire de véritables petits manoirs, comme en témoigne le vieux presbytère de Landeleau. Peu à peu, le manoir devient la propriété de notables et de marchands, notamment dans les régions de productions de toiles. Un phénomène qui s’accentue avec le déclin de la petite noblesse rurale à partir du XVIIe siècle. Les armateurs aussi construisent des manoirs, notamment dans la région de Saint-Malo, où ils s’inspirent de l’architecture militaire de la ville-close pour bâtir les fameuses malouinières.

Au XIXe siècle, avec la redécouverte du Moyen Âge et la vague romantique, le manoir connaît un regain d’intérêt. Il influence l’architecture de certaines stations balnéaires bretonnes et commence à être identifié comme l’un des éléments pittoresques du paysage breton. Aujourd’hui encore, le manoir breton continue d’être associé à un certain standing social, en témoignent les nombreuses restaurations. Mais sur les douze mille manoirs anciens recensés, il n’en reste plus guère aujourd’hui que la moitié.

 

- Publié dans : Histoire de Bretagne - Communauté : Bonjour de Bretagne
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Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /2010 11:48

Entre Braga et Guimaràes, Briteiros est l’un des sites archéologiques les plus intrigants du Portugal. Cette petite cité appartient à la culture des Castros, également présente en Galice et qui possède des liens avec la civilisation celtique.



Les ruines de la ville antique de Briteiros sont situées au sommet d’une colline, à trois cents mètres d’altitude, sur la rive droite de l’Ave, à proximité de la ville de Guimaràes, la quatrième agglomération du Portugal. C’est en 1874 que les premières fouilles ont été menées sous l’égide de Martins Sarmento, l’un des pionniers de l’archéologie portugaise. Dans les années 1970, puis 2000, de nouvelles campagnes de fouilles ont été conduites, accompagnées d’un programme de mise en valeur du site, avec notamment la construction d’un bâtiment d’accueil.

Le site de Briteiros a été occupé dès le Néolithique, comme en témoigne la présence de plusieurs roches gravées, comportant des spirales et des motifs que l’on retrouve dans tout le nord-ouest de la péninsule ibérique, mais aussi sur la façade atlantique de l’Europe, jusqu’en Irlande et en Armorique. Plusieurs de ces roches gravées ont été réutilisées à l’âge du Fer, sans que l’on sache si elles ont été volontairement préservées et s’il a pu exister une certaine continuité spirituelle entre ces deux époques, que plusieurs siècles séparent. On ignore d’ailleurs la fonction du site au Néolithique : s’agissait-il d’un sanctuaire ou bien ces pierres gravées servaient-elles d’indicateurs sur les routes menant aux montagnes voisines ? Certaines des sculptures étaient en effet peintes et devaient être visibles de loin.

 

Des ressources abondantes

C’est à l’âge du Fer que Briteiros se développe, particulièrement dans les deux derniers siècles avant notre ère. Les constructeurs ont utilisé du granit, une roche abondante sur le site et qui a servi à édifier les bâtiments, les remparts, ainsi que le pavement des rues. Les blocs étaient débités grâce à des coins de bois qu’on mouillait pour les faire se dilater et éclater la roche. La présence de sources artésiennes, ainsi que la proximité d’une rivière accessible en une demi-heure de marche, ont également dû participer au choix du site. Ce dernier domine plusieurs vallées fertiles, qui ont fourni des ressources abondantes aux habitants. Outre l’élevage, pratiqué sur les collines, les forêts procuraient du bois de chauffe et de construction, ainsi que des fruits. En fond de vallée, les habitants de Briteiros cultivaient des céréales et des légumes pour l’alimentation, mais aussi du lin pour l’habillement. Ils pratiquaient l’écobuage avant la mise en culture. Le site comprend également des traces d’activités artisanales, comme la poterie et la métallurgie. Le cuivre et l’étain, les deux composants du bronze, sont abondants dans la région. De nombreux objets métalliques – de la vaisselle, des pièces de harnachement, des fibules et des bijoux – ont été mis au jour et semblent indiquer que Briteiros était un important centre de travail des métaux. Comme dans beaucoup de sites de l’âge du Fer européen, les boutiques et les ateliers des forgerons et des orfèvres étaient situés le long de la rue principale.

À mi-chemin entre les vallées du Douro et du Minho, Briteiros était aussi un important centre commercial où s’échangeaient les produits du littoral contre des marchandises venant des montagnes alentours. Les archéologues ont retrouvé des objets d’origine méditerranéenne, notamment des amphores vinaires, ce qui indique l’existence d’un commerce au long cours dans la région.

 

Un plan d’urbanisme

Dans les deux derniers siècles avant notre ère, Briteiros s’étendait sur vingt-quatre hectares, défendus par trois lignes de remparts. D’une épaisseur de deux à trois mètres, ces derniers sont percés de portes étroites qui étaient fermées par des palissades mobiles. Ces fortifications ont sans doute été édifiées dans un but autant défensif qu’ostentatoire, les murailles symbolisant la puissance du pouvoir institutionnel de la ville.

À l’intérieur, l’espace s’organise suivant un véritable plan d’urbanisme, avec deux grands axes pavés qui convergent vers le sommet, que les archéologues qualifient d’acropole. Plus d’une centaine d’habitations ont été mises au jour. La plupart sont construites suivant un plan circulaire, caractéristique des castros (villages fortifiés) du nord-ouest de la péninsule ibérique. Elles sont situées au milieu de petites cours pavées, entourées de murs et de bâtiments annexes. Les différences de construction suggèrent l’existence de différents statuts sociaux. On distingue également des bâtiments publics, dont une “maison du conseil”, d’un diamètre de onze mètres. Elle a pu servir de bâtiment de réunions, où étaient prises les décisions importantes, comme les affaires judiciaires ou le règlement des conflits.

Briteiros possédait également des thermes, dont ceux situés au sud-ouest du site sont les mieux conservés. On peut discerner le système d’adduction d’eau qui alimentait le complexe, comprenant plusieurs pièces, dont une antichambre et une salle de vapeur. Ce bâtiment collectif servait-il uniquement pour l’hygiène des habitants ou avait-il une fonction religieuse ? Il est en tout cas orné de plusieurs symboles. Le fronton de ces thermes comporte ainsi un grand triskel.

 

Des origines celtes ?

Les archéologues estiment qu’au début de notre ère, la population de Briteiros s’élevait à mille cinq cents habitants. Qui étaient-ils ? Ils appartenaient vraisemblablement à la tribu des Callaeci. Les spécialistes divergent sur les origines de ce peuple. Appartenait-il aux tribus celtiques installées en Ibérie ? Le Nord-Ouest de la péninsule était en effet en étroit contact avec l’Europe celtique, principalement sa frange atlantique, avec laquelle il semble avoir partagé des éléments culturels communs. Néanmoins, les éléments endogènes sont également très forts dans la civilisation des Castros de Galice et du Nord du Portugal. La question des origines celtiques de ces territoires reste un sujet de débat passionné pour les spécialistes (lire ArMen n°78).

Au début de notre ère, sous Auguste, cette région passe sous le contrôle des Romains, qui construisent des routes et des cités nouvelles. Quelques changements d’urbanisme interviennent ainsi à Briteiros. Les archéologues ont également découvert des inscriptions en latin sur des éléments d’habitation. Il s’agit de noms de propriétaires, comme celui d’une famille de Camalus, dont l’un des membres est désigné comme prêtre du culte impérial, à Braga, au iie siècle de notre ère. Le site de Briteiros semble avoir alors été abandonné. Comme les Camalus, ses derniers habitants ont sans doute rejoint les villes nouvelles romaines.

- Publié dans : Archéologie
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Jeudi 7 janvier 2010 4 07 /01 /2010 11:43

Chassés par les Britanniques, plusieurs centaines d’Acadiens, une population francophone de l’est du Canada, arrivent en Bretagne dans les années 1750-1760. Certains vont y faire souche, d’autres n’y feront qu’un long séjour avant de retraverser l’Atlantique.

Pour les Grecs de l'Antiquité, l'Arcadie était une région idyllique, la patrie du dieu Pan et des poètes bucoliques. Une sorte d'Éden pastoral, célébré par Virgile et Ovide. C'est sans doute ce mythe qui a inspiré les explorateurs au service du roi de France, lorsqu'ils ont découvert le luxuriant littoral des actuelles provinces maritimes du Canada, dans la première moitié du XVe siècle. À partir du début du XVIIe siècle, l'Arcadie devenue « Acadie » constitue une sorte de terre promise pour nombre de Saintongeais, de Poitevins ou de Bretons venus peupler les colonies créées dans cette région.

 

Le « Grand dérangement »

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la France et la Grande-Bretagne vont s'affronter à de nombreuses reprises pour la possession de l'Amérique du nord. En 1755 survient l'un des épisodes les plus dramatiques de ce conflit : le « Grand dérangement », la déportation des Acadiens par les troupes britanniques. Les Acadiens qui souhaitaient rester neutres, refusent en effet de prêter serment à la couronne britannique qui, dès lors, les considère comme un danger potentiel. Mille huit cents soldats arrivent en Nouvelle-Ecosse et sont chargés de rassembler la dizaine de milliers d'Acadiens de cette région. Une partie d'entre eux est expulsée vers d'autres colonies anglaises d'Amérique. Mille cinq cents Acadiens sont envoyés en Grande-Bretagne. Ils vont y être détenus pendant sept ans… Leur calvaire prend fin après le traité de Paris, en 1763. Ils sont alors expulsés vers la France et nombre d'entre eux débarquent dans les ports bretons.

 

À Morlaix et Saint-Malo

Trois cent quatre-vingt-quatre d'entre eux, soit soixante-dix-sept familles, arrivent ainsi à Morlaix, en provenance de Penryn, en Cornouailles britannique. Ils sont d'abord hébergés dans des casernes vacantes, avant de s'intégrer, pour la plupart, dans la vie morlaisienne. Les officiers communaux leur trouvent en effet rapidement du travail et les enfants sont scolarisés gratuitement. Plusieurs des familles acadiennes feront souche à Morlaix.

Depuis le début du XVIe siècle, Saint-Malo entretient des relations étroites avec Terre-Neuve et le Canada. Plusieurs familles acadiennes étaient d'ailleurs d'origine malouine. Dès 1758, la cité corsaire accueille les premiers réfugiés acadiens. On en compte plus d'un millier l'année suivante. Plusieurs dizaines d'entre eux arrivent encore en 1763. Une partie de ces Acadiens va également faire souche dans le pays malouin. Cependant, les relations entre Acadiens et Bretons sont dans un premier temps assez distendues. Dans les paroisses du pays malouin où ils sont hébergés, on dénombre ainsi, jusqu'à la Révolution, très peu de mariages mixtes, entre les deux communautés.

 

Les Acadiens de Belle-Île

En 1763, le traité de Paris rendait à la France la grande île de Belle-Île, perdue quelques années plus tôt et dont beaucoup d'habitants avaient préféré fuir l’occupation britannique. Les autorités ont alors l'idée d'y installer des réfugiés acadiens. Il s'agit bien sûr de donner des terres à ces derniers, mais également d'utiliser leurs sentiments antibritanniques. Plusieurs responsables estiment que les Acadiens combattront avec acharnement en cas d'une nouvelle descente des Anglais à Belle-Île. Dès juillet 1763, trois chefs de familles acadiennes établies à Morlaix se rendent sur l'île. Le gouverneur de l'île, le baron de Warren, est enthousiaste : « Comme ils sont gens fort industrieux et habiles cultivateurs, je serais enchanté de les voir arriver : ce serait un bon boulevard contre ceux qui les ont maltraités. » Les habitants de l'île sont moins convaincus. Les choses traînent. Les premiers Acadiens arrivent cependant en 1765, dirigés par l'abbé Le Loutre. Ils apportent avec eux un curieux légume venant d'Amérique : la pomme de terre qui ne sera introduite en France que plus tard, en 1769, par Parmentier.

 

En transit à Nantes

Plusieurs centaines d'Acadiens se rendent en Poitou, en 1773-1774, pour mettre en valeur des terres qu'on leur a promises. Mais les logements prévus n'ont pas été construits. La plupart vont alors s'installer à Nantes, où ils vivent dans des conditions précaires. Leur transit dans la capitale des ducs de Bretagne va durer une dizaine d'années.

Nombre d'entre eux projette de retraverser l'Atlantique pour aller, cette fois, s'installer en Louisiane. Plusieurs milliers de déportés acadiens s'y étaient déjà installés après le Grand dérangement, où elles sont venues renforcer les communautés francophones déjà présentes. Les actuels « Cajuns » des marais de Louisiane sont en grande partie des descendants d'Acadiens. Mais ce n'est qu'en 1785 que les Acadiens de Nantes ont pu embarquer pour la Louisiane. Mille six cents personnes prirent part à ce voyage.

 

Les Acadiens de Bretagne

Nombre de réfugiés acadiens n'ont cependant pas fait le voyage du retour vers le nouveau Monde. Plusieurs ont fait souche en Bretagne, notamment dans les régions de Saint-Malo, Morlaix et Nantes et à Belle-Île. Ils se sont fondus dans la population, même si le souvenir de leur exode perdure. Plusieurs associations entretiennent cette mémoire, dont le Comité Belle-Île-Acadie, fondé en 1965 pour le bicentenaire de l'arrivée des Acadiens sur l'île. Créée en 1984, l'association Bretagne-Acadie-Louisiane est également très active. Elle est à l'origine de la création d'une rue de l'Acadie, à Chantenay, un quartier nantais. Un mémorial leur est également dédié dans ce quartier. Mais la plus importante manifestation récente a sans conteste été la présence de l'Acadie en tant que nation invitée, au Festival interceltique de Lorient en 2004.

Erwan Chartier-Le Floch

 

Pour en savoir plus :

Jean-François Mouhot, les Réfugiés acadiens en France, l’impossible réintégration ?, Lille, Éditions Septentrion, 2009.

Jean-Marie Fonteneau, Les Acadiens - Citoyens de l'Atlantique, Rennes, Éditions Ouest-France, 2001

Antonine Maillet, Pélagie-la-Charrette, Paris, Éditions Grasset, 1979 (prix Goncourt).

 

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