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Histoires de Bretagne

Un blog d'Erwan Chartier-Le Floch

Les sœurs Goadec

Publié le 4 Octobre 2019 par ECLF in Histoire de Bretagne

Les sœurs Goadec

 

 

 

 

 

Légendes des festoù-noz de la seconde partie du XXe siècle, les sœurs Goadec de Treffrin maîtrisaient parfaitement l’art du kan ha diskan. Elles continuent de faire référence et leur discographie témoigne de la richesse de la culture populaire bretonne.

C’est au bourg de Treffrin, au début du XXe siècle, que commence l’histoire des cinq sœurs Goadec. Issues d’une fratrie de treize enfants, leurs parents sont commerçants. Jean-Louis Goadec, leur père, est un chanteur réputé, exerçant ses talents à l’église de Treffrin où certains venaient de Carhaix pour l’entendre. Leur mère et couturière et chante aussi à la maison.

Les sœurs Goadec apprennent donc à chanter par transmission orale, en famille, avec le voisinage, lors de denadeg après les travaux agricoles ou à l’église. Plusieurs airs seront également appris sur feuilles volantes, ces imprimés alors très en vogue dans les campagnes bas-bretonnes. Parmi les cinq sœurs, trois se distinguent particulièrement pour leurs qualités de chanteuses : Tanon (Maryvonne), Tasie (Anastasie) et Eugénie. Trois caractères affirmés, mais différents, qui vont constituer l’un des trios les plus populaires de la chanson bretonne.

 

Le pardon de Treffrin

Le 25 août 1957 va constituer un tournant dans leur carrière. Ce jour-là se tient le traditionnel pardon de saint Louis, à Treffrin. Le maire de Treffrin demande aux sœurs de chanter la danse du mouchoir. Elles s’exécutent et c’est un énorme succès. On leur demande de chanter pendant toute la soirée et c’est à peine si les autres musiciens peuvent jouer !

Albert Trévidic, président du cercle de Spézet leur demande de venir les rejoindre. En coiffe et en costume de cérémonie, elles participent aux sorties du cercle et à de nombreux festoù-noz, comme en 1959, à Châteauneuf-du-Faou, où elles remportent un énorme succès. En 1960, l’ethnologue Donatien Laurent les rencontre pour les enregistrer et collecter une partie de leur répertoire. Comme beaucoup, il admire leur maîtrise des techniques de chant et leur sens du rythme.

 

La consécration

Dans les années 1970, la réputation des sœurs Goadec va dépasser les frontières de la Bretagne sur fond de revival celtique. En 1972, Alan Stivell remplit l’Olympia. Il invite les sœurs Goadec à interpréter E ti Eliz Iza. En 1972, pendant trois soirs de suite, elles remplissent la salle de Bobino, à Paris. Fières de leurs costumes traditionnels et de leur culture ancestrale, elles enregistrent un disque. Concernant Bobino, le sonneur Yann Le Meur estime que « cette extravagance offrit à la Bretagne, l’occasion de montrer combien elle était étrangère à la normalité esthétique, et de quelle façon elle pouvait se démarquer de l’uniformité culturelle qu’imposait ce XXe siècle totalitaire. » Elles se produisent également cette année-là à la Mutualité avec Glenmor.

Trois autres 33-tours suivront. Refusant d’être considérées comme des « vedettes », les sœurs Goadec prennent juste un casse-croûte pour rémunération dans les nombreux festoù-noz où elles se produisent. Elles se soucient également de transmission. La fille d’Eugénie, Louis Ebrel, est ainsi devenue une chanteuse de kan ha diskan réputée. En 1983, la mort de Tanon met fin au trio. Dix ans plus tard, ses deux sœurs Eugénie et Tasie se produiront lors d’une soirée mémorable à Spézet. Eugénie Goadec est décédée en 2003.

 

 

Une livre de référence :

Roland Becker, Les soeurs Goadec - Comment trois soeurs du Centre de la Bretagne sont devenues des chanteuses célèbres, Ouest-France, Rennes, 2019.

 

 

Commenter cet article

ROPARS 04/10/2019 12:41

Il me semble qu'Albert Trévidic était président du cercle de Carhaix, et c'est avec ce cercle que les soeurs Goadec se sont produites par la suite..