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Histoires de Bretagne

Un blog d'Erwan Chartier-Le Floch

1763. Les Acadiens arrivent en Bretagne

Publié le 7 Janvier 2010 in Histoire de Bretagne

Chassés par les Britanniques, plusieurs centaines d’Acadiens, une population francophone de l’est du Canada, arrivent en Bretagne dans les années 1750-1760. Certains vont y faire souche, d’autres n’y feront qu’un long séjour avant de retraverser l’Atlantique.

Pour les Grecs de l'Antiquité, l'Arcadie était une région idyllique, la patrie du dieu Pan et des poètes bucoliques. Une sorte d'Éden pastoral, célébré par Virgile et Ovide. C'est sans doute ce mythe qui a inspiré les explorateurs au service du roi de France, lorsqu'ils ont découvert le luxuriant littoral des actuelles provinces maritimes du Canada, dans la première moitié du XVe siècle. À partir du début du XVIIe siècle, l'Arcadie devenue « Acadie » constitue une sorte de terre promise pour nombre de Saintongeais, de Poitevins ou de Bretons venus peupler les colonies créées dans cette région.

 

Le « Grand dérangement »

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la France et la Grande-Bretagne vont s'affronter à de nombreuses reprises pour la possession de l'Amérique du nord. En 1755 survient l'un des épisodes les plus dramatiques de ce conflit : le « Grand dérangement », la déportation des Acadiens par les troupes britanniques. Les Acadiens qui souhaitaient rester neutres, refusent en effet de prêter serment à la couronne britannique qui, dès lors, les considère comme un danger potentiel. Mille huit cents soldats arrivent en Nouvelle-Ecosse et sont chargés de rassembler la dizaine de milliers d'Acadiens de cette région. Une partie d'entre eux est expulsée vers d'autres colonies anglaises d'Amérique. Mille cinq cents Acadiens sont envoyés en Grande-Bretagne. Ils vont y être détenus pendant sept ans… Leur calvaire prend fin après le traité de Paris, en 1763. Ils sont alors expulsés vers la France et nombre d'entre eux débarquent dans les ports bretons.

 

À Morlaix et Saint-Malo

Trois cent quatre-vingt-quatre d'entre eux, soit soixante-dix-sept familles, arrivent ainsi à Morlaix, en provenance de Penryn, en Cornouailles britannique. Ils sont d'abord hébergés dans des casernes vacantes, avant de s'intégrer, pour la plupart, dans la vie morlaisienne. Les officiers communaux leur trouvent en effet rapidement du travail et les enfants sont scolarisés gratuitement. Plusieurs des familles acadiennes feront souche à Morlaix.

Depuis le début du XVIe siècle, Saint-Malo entretient des relations étroites avec Terre-Neuve et le Canada. Plusieurs familles acadiennes étaient d'ailleurs d'origine malouine. Dès 1758, la cité corsaire accueille les premiers réfugiés acadiens. On en compte plus d'un millier l'année suivante. Plusieurs dizaines d'entre eux arrivent encore en 1763. Une partie de ces Acadiens va également faire souche dans le pays malouin. Cependant, les relations entre Acadiens et Bretons sont dans un premier temps assez distendues. Dans les paroisses du pays malouin où ils sont hébergés, on dénombre ainsi, jusqu'à la Révolution, très peu de mariages mixtes, entre les deux communautés.

 

Les Acadiens de Belle-Île

En 1763, le traité de Paris rendait à la France la grande île de Belle-Île, perdue quelques années plus tôt et dont beaucoup d'habitants avaient préféré fuir l’occupation britannique. Les autorités ont alors l'idée d'y installer des réfugiés acadiens. Il s'agit bien sûr de donner des terres à ces derniers, mais également d'utiliser leurs sentiments antibritanniques. Plusieurs responsables estiment que les Acadiens combattront avec acharnement en cas d'une nouvelle descente des Anglais à Belle-Île. Dès juillet 1763, trois chefs de familles acadiennes établies à Morlaix se rendent sur l'île. Le gouverneur de l'île, le baron de Warren, est enthousiaste : « Comme ils sont gens fort industrieux et habiles cultivateurs, je serais enchanté de les voir arriver : ce serait un bon boulevard contre ceux qui les ont maltraités. » Les habitants de l'île sont moins convaincus. Les choses traînent. Les premiers Acadiens arrivent cependant en 1765, dirigés par l'abbé Le Loutre. Ils apportent avec eux un curieux légume venant d'Amérique : la pomme de terre qui ne sera introduite en France que plus tard, en 1769, par Parmentier.

 

En transit à Nantes

Plusieurs centaines d'Acadiens se rendent en Poitou, en 1773-1774, pour mettre en valeur des terres qu'on leur a promises. Mais les logements prévus n'ont pas été construits. La plupart vont alors s'installer à Nantes, où ils vivent dans des conditions précaires. Leur transit dans la capitale des ducs de Bretagne va durer une dizaine d'années.

Nombre d'entre eux projette de retraverser l'Atlantique pour aller, cette fois, s'installer en Louisiane. Plusieurs milliers de déportés acadiens s'y étaient déjà installés après le Grand dérangement, où elles sont venues renforcer les communautés francophones déjà présentes. Les actuels « Cajuns » des marais de Louisiane sont en grande partie des descendants d'Acadiens. Mais ce n'est qu'en 1785 que les Acadiens de Nantes ont pu embarquer pour la Louisiane. Mille six cents personnes prirent part à ce voyage.

 

Les Acadiens de Bretagne

Nombre de réfugiés acadiens n'ont cependant pas fait le voyage du retour vers le nouveau Monde. Plusieurs ont fait souche en Bretagne, notamment dans les régions de Saint-Malo, Morlaix et Nantes et à Belle-Île. Ils se sont fondus dans la population, même si le souvenir de leur exode perdure. Plusieurs associations entretiennent cette mémoire, dont le Comité Belle-Île-Acadie, fondé en 1965 pour le bicentenaire de l'arrivée des Acadiens sur l'île. Créée en 1984, l'association Bretagne-Acadie-Louisiane est également très active. Elle est à l'origine de la création d'une rue de l'Acadie, à Chantenay, un quartier nantais. Un mémorial leur est également dédié dans ce quartier. Mais la plus importante manifestation récente a sans conteste été la présence de l'Acadie en tant que nation invitée, au Festival interceltique de Lorient en 2004.

Erwan Chartier-Le Floch

 

Pour en savoir plus :

Jean-François Mouhot, les Réfugiés acadiens en France, l’impossible réintégration ?, Lille, Éditions Septentrion, 2009.

Jean-Marie Fonteneau, Les Acadiens - Citoyens de l'Atlantique, Rennes, Éditions Ouest-France, 2001

Antonine Maillet, Pélagie-la-Charrette, Paris, Éditions Grasset, 1979 (prix Goncourt).

 

Commenter cet article

Castor 19/07/2012 13:27

Bonne lecture sur la plage ensoleillée de Bretagne.

Marie-Christine Germe 22/08/2011 09:08


Acadie-Poitou d'Archigny.net dit aussi Michel,TesteurAdn, Paulette etc...

Quel est le rapport de vos commentaires anonymes et incompréhensibles avec l'Histoire Acadienne et l'Article "Les Acadiens arrivent en Bretagne " ?


Marie-Christine Germe Descendante Acadienne du Poitou Boudrot/Daigle (mariés à Trigavou )


Michel 22/08/2011 08:34


Je change sans arrêt de pseudo

Pour raconter toujours les mêmes ragots

En utilisant les... mêmes mots

Le retrait que j'ai fait au lendemain du virement cramco

Du compte d'un parent décédé (depuis 11 jour)c'est pas beau

(document "irréfutable" agence Victor Hugo 11h27, signature du "client" à côté du numéro de C.N.I.)


Michel-Poitiers 21/08/2011 22:19


Quel déchéance, 27 ans de chômage pour un tel fiasco! argent dérobé en 4 fois à la Caisse d'Epargne...après le décès.


Michel 21/08/2011 20:54


Quelque soit les invectives du " commercial " de www.archigny.net alias mainepoitou/corniaud... (blogueur aux 200 pseudos), le matériel dérobé n'a toujours pas été déposé à la mairie ?

Un pique-nique à 997.000 Euros ? 200 spectateurs du spectacle cg86 en photo et non 2000 ? Subvention pour affaire privée ?

en ligne : voir cg86 subbvention 2010 ?

Publicités qui n'ont d'acadien que le nom ?

Note: Pages www.poitou-acadie.com: supprimées ?
(pas d'adhérents, pas d'assemblée générale, pas de rapport financier, pas d'activités, pas de cotisations, subvention cg86 2010, 997.000 Euros ? etc)

Généalogie contemporaine Gaston-Fabre: supprimée (publiée sans autorisation ?)

Qui est dupe ?

Rappel: Maison du Ragot Archigny fermée depuis le 01/05/2009

(matériel dérobé non redéposé à la mairie, photos 19/09/2010 sur la RD Châtellerault-St Savin)