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Histoires de Bretagne

Un blog d'Erwan Chartier-Le Floch

Claudine Mazéas, une Bretonne victime des nazis

Publié le 23 Février 2009 par Erwan Chartier-Le Floch in Mouvement breton

Claudine Mazéas, une Bretonne victime des nazis

Fille de Goulven Mazéas, militant autonomiste breton des années 1920 et 1930, Claudine Mazéas a joué un rôle important dans le renouveau culturel breton de l’après guerre. Dans les années 1950, elle a ainsi collecté des chants traditionnels de Bretagne, notamment la fameuse gwerz Skolvan de madame Bertrand de Canihuel. L’association Dastum vient de sortir récemment un disque sur cette grande chanteuse de tradition, à partir des enregistrements de Claudine Mazéas. En 2006, cette dernière a reçu le collier de l’Hermine en récompense de son action en faveur de la Bretagne. Elle avait alors accepté de répondre à quelques unes de mes questions sur un épisode tragique de sa vie : son arrestation et son internement au camp de Drancy, en raison de ses origines juives. Ce témoignage bouleversant, n’avait alors pu paraître mais il avait été en partie utilisé par Jean-Jacques Monnier dans son ouvrage Résistance et conscience bretonne (Yoran Embanner, 2007). Le voici en intégralité. Outre le rappel des heures sombres de l’occupation allemande et des crimes du nazisme, il apporte également un témoignage intéressant sur le mouvement breton de l’époque.

 

Goulven Mazéas et les fédéralistes bretons

Claudine est la fille de Goulven Mazéas, un des fondateurs du Groupe régionaliste breton (GRB) et de la revue Breiz Atao en 1919. C’est alors un jeune breton léonard qui vient de connaître l’horreur des tranchées. Comme beaucoup, il en conserve un profond antimilitarisme. Il rejette aussi le nationalisme français ambiant, dans lequel il voit une des causes de la boucherie de 14-18. Donc, il s’engage pour la Bretagne et le fédéralisme dans lequel il entrevoit un antidote aux excès qui ont déchiré l’Europe. En 1927, il est membre du Parti autonomiste breton (PAB), dont il portera les couleurs, en 1930, lors d’une élection législative à Guingamp, avec, notamment, pour slogan « à bas la guerre ». Avec Duhamel et Marchal, Mazéas est, à l’époque, une des figures du courant de gauche de l’Emsav. Lorsque le PAB explose, en 1931, il choisit évidemment de rejoindre le courant modéré, la Ligue fédéraliste de Bretagne (LFB), qui s’oppose aux nationalistes intégraux du Parti nationaliste breton (PNB). L’homme ne goûte guère les totalitarismes de son temps et condamne autant le stalinisme que le national-socialisme qui vient de triompher en Allemagne. Ces idées modérées, il les expose dans un livre paru en 1935, Social-fédéralisme, où il développe un engagement pacifiste, proeuropéen et socialement engagé. Il défend l’idée d’une Bretagne autonome dans une Europe de paix et de tolérance qui, à l’époque, n’en prend pourtant pas le chemin. Goulven Mazéas est un pragmatique, un commerçant en pomme de terre – un tubercule à laquelle il consacrera un autre livre -, installé sur la place de Guingamp. Contrairement à d’autres, il n’est pas coupé du peuple breton.

Goulven Mazéas est aussi marié à une demoiselle Weill, d’origine juive alsacienne. « Nous avons toujours eu ses deux cultures, se souvient Claudine Mazéas. Je les ai accueillies toutes les deux, elles font partie de mon identité. » Après l’échec de la LFB, en 1935, Goulven Mazéas cesse de militer, mais garde des contacts dans le mouvement breton.

 

L’hermine et l’étoile jaune

Les choses se compliquent avec la guerre. La famille vit toujours à Guingamp. « Avec mon frère, nous n’avons pas eu à porter l’étoile jaune, confie Claudine Mazéas. Nous n’étions qu’à moitié juifs… Mais ma mère l’a eue. » La jeune Claudine qui s’intéresse à la matière bretonne se souvient d’avoir été étonnée « de la facilité avec laquelle mon père m’a laissé partir à un camp des bagadoù stourm, en 1943 dans les monts d’Arrée. Il ne goûtait guère, pourtant, les idées de Yann Goulet, alors me voir rejoindre les jeunesses du PNB, c’était étonnant ! Lui qui m’interdisait pas mal de choses, me permettait également de participer aux activités de l’Institut celtique de Roparz Hemon, à Rennes où j’étais lycéenne. Il devait se dire que c’était bien que nous fréquentions ces organisations, que cela pouvait nous protéger. Cela étant, à l’époque, nous ne savions rien des camps de concentration. Ce n’était pas dévoilé. Personne ne pouvait s’imaginer ce qui se passait là-bas. Mon père pressentait à juste titre qu’il y avait du danger. »

Au fur et à mesure, la pression se fait plus forte. « L’abbé Louis Le Floch, dont le nom de plume en breton était Maodez Glanndour, a proposé de nous baptiser, mon frère et moi. C’était une protection supplémentaire. C’est aussi avec lui que j’ai commencé à apprendre le breton. Ma mère, en tant que juive, était soumise à un couvre-feu. Pour qu’elle continue à suivre les cours d’histoire de Bretagne qu’il donnait à Guingamp, il a changé l’heure des cours. Quand je pense qu’on l’a récemment traité de collabo ! D’une manière générale, je dois dire que les gens du mouvement breton ont été très chics avec nous à cette époque. Je n’ai jamais entendu la moindre remarque antisémite en tout cas. »

Ces relations dans le mouvement breton ne suffisent pas. En décembre 1943, les Mazéas sont dénoncés. Comme juifs. La famille est arrêtée. « Je me souviens d’arriver à la maison et de voir mon frère, dans une voiture que je ne connaissais pas. Il m’a fait un signe pour m’avertir et me dire de partir. Je n’ai rien compris. Quand la voiture a démarré, je l’ai suivie en courant. Ils m’ont cueilli à l’arrivée, devant la prison de Guingamp. » Elle restera quelques jours dans ce curieux bâtiment datant du début du XIXe siècle et construit sur un plan pennsylvanien, qu’on rencontre d’habitude aux États-Unis. « Cela me fait mal au cœur de la voir se dégrader. On a même parlé de la détruire. C’est un lieu de mémoire. Je pense à tous ces jeunes résistants qui y ont été internés. Certains y ont passé leur dernière nuit avant d’être fusillés par les Allemands. Cela impose un certain respect. »

Avec son frère, sa mère et sa grand-mère, ils sont ensuite conduits à la prison de Saint-Brieuc. Les conditions ne sont pas trop dures. Ils peuvent correspondre, lire, recevoir des visites, notamment de Jeannette Queillé, secrétaire de Maodez Glanndour et des sœurs Le Goas. « Je me souviens d’un Allemand très gentil, qui pleurait en disant que la guerre était un grand malheur. Comme quoi, c’est compliqué. Dans l’ensemble, nous avons surtout eu affaire à des policiers français plus qu’aux Allemands. Les Français étaient les pires. Ce sont eux qui faisaient le travail des nazis. »

 

Déportés à Drancy

À l’extérieur, Goulven Mazéas s’active et tente tout pour les sauver. Il ne peut cependant empêcher qu’ils soient envoyés dans le sinistre camp de Drancy, où est regroupée une grande partie des juifs français avant d’être convoyés vers les camps d’extermination. « Nous y sommes restés un mois, indique Claudine Mazéas. J’en ai assez peu de souvenirs, car j’avais contracté une pneumonie qui m’a beaucoup affaiblie. Mais ce dont je me souviens, je ne peux l’oublier. C’était un vrai camp de concentration, c’était affreux. On entendait souvent des cris, ceux des gens qui montaient dans les convois ou ceux des gens qu’on supprimait. Je me souviens aussi de la visite de hauts dirigeants SS. »

Comme beaucoup de survivants, Claudine Mazéas ne peut se départir d’une certaine culpabilité, celle d’avoir survécu. « Si nous n’étions pas sortis, je ne me fais aucune illusion sur notre sort. Drancy, c’était l’antichambre d’Auschwitz. Je me souviens particulièrement d’un jeune garçon de mon âge, avec qui je parlais beaucoup de musique. Pour passer le temps, on chantait ensemble, sur les lits superposés de notre baraque, notamment le chant des marais, qui est devenu un des symboles des déportés. J’aurais beaucoup aimé le revoir, comme d’autres que j’ai connus à Drancy. Mais il a dû partir en fumée à Auschwitz. »

À l’extérieur, Goulven Mazéas remue ciel et terre pour sauver sa famille. « Il disait toujours qu’il serait allé voir le diable s’il l’avait fallu pour nous protéger. » Il fait aussi jouer de ses relations. « Yves Delaporte, un des dirigeants du PNB, parlait bien allemand. Il est allé plusieurs fois à la Gestapo de Rennes pour essayer de nous faire sortir, mais il a été débouté. » Le salut viendra d’une voie étonnante. « Début février 1944, on nous a appelés et on nous a fait entrer, par une porte discrète, dans un petit bureau. Un Allemand en uniforme nous dit de sortir du camp et, surtout, de ne pas nous faire reprendre sinon nous serions déportés aussitôt. On s’est retrouvé dans la rue, avec mon frère qui avait été rasé, ma mère et ma grand-mère qui ne voulait pas partir. Elle s’était en effet faite des copines juives alsaciennes et ne voulait pas les laisser ! » L’Allemand en question est en fait un ancien autonomiste alsacien, que Goulven Mazéas et Delaporte ont retrouvé. Il a fait jouer une clause de faveur dont pouvaient bénéficier certains juifs étrangers, espagnols et portugais notamment. « Il nous a sauvés, parce qu’il avait été ami de mon père dans les années 1930. Ils étaient alors tous les deux fédéralistes européens. Nous avons eu une chance incroyable, car presque personne n’a échappé de Drancy, même pas des gens riches comme les Rothschild. Nous avons eu beaucoup de chance, car nous avions été désignés pour le convoi du 10 février pour Auschwitz. À quelques jours près, nous aurions été déportés et probablement assassinés. »

La famille est ensuite rejointe par Goulven Mazéas et cachée en région parisienne. Les troupes alliées approchent de la capitale durant l’été 1944. Mais, un jour que Daniel Mazéas est parti au ravitaillement, il est reconnu par un mouchard qui l’avait vu à la prison de Saint-Brieuc. Dénoncé, Daniel Mazéas est envoyé à la prison des Tourelles et fouillé, revolver sur la nuque. La famille va subir de nouvelles avanies. Dans un témoignage du 23 mars 1947 à la justice française, la mère de Claudine raconte les faits : « Ensuite, venus perquisitionner à notre domicile, nous avons été de nouveau arrêtés, y compris mon mari. C’était le service français de la Gestapo, ramassis de miliciens de PPF [Parti populaire français] et autres. Au moment de mon arrestation, on nous avait téléphoné. Comme ma fille se refusait à dire le nom de la personne, le chef nous a dit : « Nous savons très bien que c’est Yves Delaporte, si nous tenions ce salaud-là ! » Puis, quelques minutes après : « Nous allons de ce pas l’arrêter, les frères Delaporte sont des gaullistes et leur PNB est anglais ». » Claudine Mazéas se souvient, quant à elle, que « Heureusement Papa avait tout son argent sur lui. En fait, les miliciens l’ont rançonné, puis nous ont relâchés. La Libération approchait, les miliciens devaient déjà songer à fuir… »

Après-guerre, La famille Mazéas restera profondément marquée par l’épreuve. Mais elle n’en avait pas tout à fait fini. Goulven Mazéas sera de nouveau dénoncé… comme Breiz Atao et autonomiste breton. Ce qui lui vaudra un nouvel interrogatoire, mais les poursuites seront rapidement abandonnées. Claudine s’engage activement dans la promotion de la culture bretonne. Appuyée par deux anciens résistants, Pierre-Roland Giot et René-Yves Creston, elle réalise une série de collectes sur la tradition populaire de l’île de Batz, du Trégor, de la haute Cornouaille qui demeurent des références.

L’histoire des Mazéas n’en est sans doute qu’une parmi tant d’autres dans ce conflit qui a broyé tant d’innocents. Alors que les témoins des années les plus sombres du XXe siècle se font de plus en rares, que les historiens continuent un travail parfois difficile sur cette période complexe. Alors que, trop souvent, les amalgames les plus désagréables sont commis sur la question, recueillir le témoignage de Claudine Mazéas n’apparaissait donc pas dénué de sens. Il n’entraîne bien évidemment à aucune généralisation, mais tend à démontrer que la réalité du mouvement breton durant cette période est bien plus compliquée qu’on veut parfois le faire croire.

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Le Bras 13/12/2015 03:09

Votre article est interessant comme tous les articles que vous avez écrit sur ce sujet. Cependant je n'ai toujours pas compris quelle profession exerçait Claudine Mazeas et si les enregistrements qu'elle a faits et livrés tres tardivement au grand public par le biais de Dastum, étaient le fruit du bénévolat ou d'un status de fonctionnaire chercheur dans quelque officine universitaire. je vous remercie de m'éclairer sur ce sujet

ECLF 11/12/2016 09:33

Claudine Mazéas souffre depuis près de quinze ans de la maladie d'Alzheimer, ce qui est problématique pour ses archives. Heureusement, un accord a pu être trouvé avec Dastum. Je pense qu'il reste encore des trésors chez elle. BC

Elouan 04/03/2011 12:01


Salud, kavet em moa ar blog-se gant un enklask war Mazéas, e-pelec'h ez eus tu da gaout e levr Social Fédéralisme?


kristian Hamon 24/02/2009 13:33

Cher Erwan,
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt ton article sur Claudine Mazéas. Cette affaire est vraiment un cas à part et ne doit absolument pas nous mener à une généralisation comme tu le dis si justement. Notamment de nous faire croire que les frères Delaporte étaient des "Gaullistes", donc pour la Résistance. Les propos tenus par les miliciens du PPF étaient les mêmes que ceux tenus par les membres de la bande à Lainé ou Mordrel à l'égard de la direction du PNB. Il faut quand même rappeler que Raymond Delaporte était le chef d'un parti ouvertement collaborationniste. Il n'est que de lire L'Heure Bretonne pour s'en convaincre ! L'attitude bienveillante de Madame Mazéas à l'égard des frères Delaporte est évidemment compréhensible, compte tenu du drame auquel elle a échappé. Elle aura le même réflexe pour la défense d'Arsène Gefflot (Voir mes deux doc.)
J'aimerai d'ailleurs savoir qui est cet alsacien qui est intervenu en sa faveur. Je ne vois qu'une seule personne capable d'avoir une telle influence : l'avocat Hermann Bickler, Standartenführer des SS de Strasbourg. C'est également lui qui fournira des laissez-passer aux membres du PNB en fuite vers l'Allemagne. Peut-être en saurons-nous plus un jour sur l'attitude et le rôle exact de certains nationalistes bretons auprès des allemands. je viens de localiser à l'étranger les archives laissées par la Gestapo de Rennes dans l'immeuble du SD.
Il est bon de rappeler que tous les nationalistes bretons n'étaient pas des "collabos" ou des "nazis" comme on l'a un peut trop écrit ici ou là. Pour autant, il ne faudrait pas tomber dans l'excès inverse consistant à nous faire croire que la plupart d'entre eux étaient acquis à la Résistance ou de minimiser systématiquement leurs actes !
Aucune de ces deux extrêmes ne rend service à une étude sereine de cette période sombre de l'histoire du mouvement breton.
Kristian Hamon

Kristian Hamon. Doc. N°1

Lettre de Madame Mazéas adressée au Tribunal en faveur des frères Delaporte.

Guingamp le 23 mars 1947.
Monsieur le Président,

En exécution des lois raciales et à cause de mon ascendance juive j’ai été arrêtée avec ma mère, âgé alors de 73 ans, veuve d’officier français, décoré de la Légion d’Honneur, mort pour la France en 1914, et mes deux enfants, deux mois après avoir eu la visite et subi l’interrogatoire de Duperron, chef régional de la Milice et Commissaire aux affaires juives.
La Gestapo de St-Brieuc nous a arrêté le 22 décembre 1943. Emprisonnés à la prison de Guingamp, puis à celle de St-Brieuc, nous avons été transférés au camp de concentration de Drancy.
Mon mari se présenta aux bureaux de Messieurs Delaporte pour les appeler à son aide.
Yves Delaporte sollicita à plusieurs reprises un rendez-vous à la Gestapo de Rennes. Il ne lui fut pas accordé.
Mon mari et lui partirent le 27 décembre pour Paris où, Yves Delaporte pût avoir audience auprès des services aux questions juives. Il fit de multiples démarches.
Pendant ce temps nous étions désignés pour la déportation du 10 février pour Auschwitz.
Deux jours avant le départ du convoi, nous avons été relâchés du camp de Drancy, avec résidence forcée à Paris (ordre verbal) à la faveur de la relaxe de certains juifs étrangers : roumains, turcs, portugais.
Le 11 août 1944, mon fils fût reconnu dans la rue par un mouchard de la prison de St-Brieuc qui faisait partie de la chambrée et se faisait passer pour un résistant de St-Servan. Aussitôt il dénonça mon fils à ses acolytes comme gaulliste, terroriste et évadé de la prison de St-Brieuc. Il fût emmené à la caserne allemande des Tourelles où, revolver à la nuque, il fut fouillé. Ensuite, venus perquisitionner à notre domicile, nous avons été de nouveau arrêtés, y compris mon mari. C’était le service français de la Gestapo, ramassis de Miliciens, de P.P.F. et autres, et amenés dans un bureau, orné d’un grand portrait de Doriot.
Au moment de notre arrestation on nous avait téléphoné. Comme ma fille se refusait à dire le nom de la personne, le chef nous dit : « Nous savons très bien que c’est Yves Delaporte, si nous tenions ce salaud-là ! » Puis quelques minutes après : « Nous allons de ce pas l’arrêter, les frères Delaporte sont des Gaullistes et leur PNB est anglais. »
Après avoir été rançonnés, nous avons été relâchés.
Yves Delaporte emmena immédiatement mes enfants et les abrita jusqu’à la Libération de Paris.
Voilà, Monsieur le Président, ce que je puis vous affirmer sur les frères Delaporte et je tien à déclarer que nous sommes loin d’être les seuls qu’ils ont sauvés durant toute l’occupation.
Sous la foi du serment, je puis signer cette déposition.
Croyez, Monsieur le Président, à ma haute considération.
Signé, pour Madame Weill, Madame Mazéas, Daniel et Claudine. Le chef de famille, Goulven Mazéas.

Kristian Hamon. Doc. N°2

Extraits d’une lettre de Madame Mazéas en faveur d’Arsène Gefflot. 11 mai 1945.

« La famille de Madame Mazéas étant d’origine juive, la belle-mère, la femme et les deux enfants de Mazéas ont été arrêtés et incarcérés à St-Brieuc puis Drancy d’où leur déportation devait avoir lieu.
En juillet 1942, conseillé par le secrétaire du commissaire de police Carlet de Guingamp, Mazéas envoie ses deux enfants Chez Gefflot pendant une année. »
Le fils d’Arsène Gefflot, Yann-Morvan Gefflot, futur fondateur du PCB avec Jean-Pierre Vigier m’a toujours raconté son souvenir de cette période où il était réfugié avec les enfants Mazéas dans la région d’Amanlis.

valerie de familyblog 24/02/2009 10:25

très intéressant ton article,
bonne journée
val

Erwan Chartier-Le Floch 24/02/2009 09:35

Merci pour votre article très intéressant.

Juste une remarque d’ordre historique: D’après Le décret Lösener promulgué après les lois de Nuremberg, est Juif toute personne ayant deux grands-parents Juifs.
Ce qui signifie dans les faits qu’une personne ayant un “quart de sang juif” était considéré comme Juif, comme race inférieure et ce faisant, ils furent déportés comme les autres vers les camps de la mort.

Les enfants de moins de six ans furent exemptés de porter l’étoile jaune, non pas parce que les Nazis et les autorités françaises étaient magnanimes, mais ceux-ci craignaient que le peuple ne se révolte contre ses discriminations à l’encontre d’enfants, je rappelle qu’un million et demi d’enfants, de bébés furent gazés.

Pour en revenir à l’article, la raison pour laquelle madame Mazéas et son frère ne portait pas l’étoile jaune me semble être une décision familiale(dans ma propre famille ce fut le cas), à savoir se fondre dans la population sans se faire remarquer, le risque était grand mais dans les deux cas la mort était au rendez-vous.

Bien à vous
Nétanel Hazo
Président de l'association Bretagne-Israël

http://bretagneisrael.unblog.fr/